← SeferAI·Public Study Library

Prompt

J aimerais savoir depuis le commencement
EnglishTanakhTalmud

Sources : le Tanakh et le Talmud ; réponse en français, style « Essai ».

Note sur la traduction : les sources de cette réponse sont en hébreu ou en araméen, beaucoup existent en traduction anglaise. Les citations qui en sont tirées ont été traduites en français par une IA et peuvent s'écarter de l'original. Les sources marquées comme françaises proviennent de traductions françaises publiées sur Sefaria. Les textes originaux sont accessibles par les références.

La réponse en bref

Les textes juifs enseignent que le « commencement » (bereshit) désigne l'acte créateur de Dieu qui précède tout le reste, mais ils vont plus loin : certaines réalités existaient avant même ce commencement. [Genèse 1:1] pose l'acte fondateur — « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » — et le [Targum de Jérusalem sur Genèse 1:1] précise immédiatement que cette création s'est faite par la sagesse (be-ḥokhmeta). [Proverbes 8:23] donne la parole à la Sagesse elle-même : « Dès les temps antiques, je fus formée, tout au commencement, bien avant la naissance de la terre. » [Isaïe 46:10] et [Isaïe 41:4] ajoutent que Dieu annonce la fin depuis le commencement, révélant une maîtrise absolue du temps. Enfin, [Nedarim 39b] enseigne que le Temple existait déjà avant la création du monde. Le « commencement » est donc à la fois un moment historique, un principe divin et une catégorie théologique.


Contexte

Le mot hébreu central est בְּרֵאשִׁית (bereshit), littéralement « au commencement » ou « en tête de », qui ouvre le livre de la Genèse et, par extension, toute la Torah. Ce terme est si fondamental que le premier livre de la Bible porte son nom dans la tradition juive : Sefer Bereshit, le Livre du Commencement.

La question « depuis le commencement » touche à plusieurs niveaux de la pensée juive :

Le plan cosmologique : Quand le monde a-t-il commencé ? Comment ? Par qui ? [Genèse 1:1] répond en une phrase, mais les commentateurs et le Talmud ont développé des discussions considérables autour de ce verset.

Le plan théologique : Dieu existe-t-il avant le commencement ? Qu'est-ce qui précède la création ? [Habacuc 1:12] affirme que Dieu est « de toute éternité », antérieur à tout commencement humainement concevable.

Le plan sapientiel : La Sagesse divine (Ḥokhmah) est-elle elle aussi antérieure à la création ? [Proverbes 8:23] répond par l'affirmative, et le Targum de Jérusalem en tire une conséquence directe sur la façon dont Dieu a créé.

Le plan eschatologique et prophétique : Si Dieu connaît la fin depuis le commencement ([Isaïe 46:10]), cela implique une vision totale du temps, du premier instant jusqu'au dernier.

Dans la littérature rabbinique, le terme ma'ase bereshit (« l'œuvre du commencement », c'est-à-dire l'acte de création) devient une catégorie ésotérique à part entière, enseignée avec prudence et réservée aux sages ([Ḥaguiga 13a]). Il ne s'agit pas seulement d'un récit historique, mais d'une doctrine sur la nature de Dieu et de l'univers.

Les Targoums — traductions araméennes interprétatives de la Bible — offrent un niveau supplémentaire : ils ne traduisent pas seulement, ils interprètent théologiquement. Le [Targum de Jérusalem sur Genèse 1:1] et le [Targum Jonathan sur Isaïe] développent des thèmes que le texte hébreu laisse implicites.


Les sources

L'acte fondateur : Genèse 1:1

Le texte hébreu de [Genèse 1:1] est lapidaire :

> בְּרֵאשִׁ֖ית בָּרָ֣א אֱלֹהִ֑ים אֵ֥ת הַשָּׁמַ֖יִם וְאֵ֥ת הָאָֽרֶץ׃

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »

Ce verset est le point de départ absolu. Il ne décrit pas ce qui existait avant — il affirme simplement que Dieu est le créateur, et que les cieux et la terre sont ses premières œuvres. La formule bara (« il créa ») est réservée dans la Bible hébraïque à Dieu seul : aucun sujet humain ne lui est jamais associé. Cela signifie que la création ex nihilo — à partir de rien — est une lecture naturelle de ce verset pour la tradition juive.

La Sagesse comme instrument de la création : Proverbes 8:23 et le Targum de Jérusalem

Le [Targum de Jérusalem sur Genèse 1:1] traduit ainsi le verset :

> בראשׁית בְּחוּכְמָא בְּרָא יְיָ — « Au commencement, par la Sagesse, le Seigneur créa. »

Ce Targum ne traduit pas bereshit par « au commencement » mais l'interprète comme be-ḥokhmeta, « par la sagesse ». Ce glissement est théologiquement décisif : il fait de la Sagesse divine non pas un simple attribut, mais l'instrument même de la création.

Cette lecture s'appuie directement sur [Proverbes 8:23] :

> « Dès les temps antiques, je fus formée, tout au commencement, bien avant la naissance de la terre. »

Ici, la Sagesse parle à la première personne. Elle se présente comme antérieure à la terre, formée avant que le monde existe. Elle est donc présente au commencement, voire avant le commencement tel que le conçoit l'homme ordinaire. Ce texte est l'un des plus anciens de la Bible à affirmer qu'il existe une réalité divine — la Sagesse — qui précède la création matérielle.

Ce que Dieu connaît depuis le commencement : Isaïe 46:10 et 41:4

[Isaïe 46:10] formule une affirmation extraordinaire :

> « I foretell the end from the beginning, And from the start, things that had not occurred. I say: My plan shall be fulfilled; I will do all I have purposed. »

Dieu ne se contente pas d'avoir créé le monde au commencement : il en connaît la fin depuis ce même commencement. La temporalité humaine — passé, présent, futur — n'est pas la sienne. Il voit l'histoire entière depuis son point de départ.

[Isaïe 41:4] renforce cette idée :

> « Who has wrought and achieved this? The One who announced the generations from the start— I, GOD, who was first And will be with the last as well. »

Dieu est « le premier » (rishon) et sera « avec le dernier » (aḥaron). Ces deux pôles — commencement et fin — sont les siens. Le [Targum Jonathan sur Isaïe 41:4] explicite encore davantage :

> « I, the Lord, I created the world from the beginning; yea, ages after ages are mine, and besides me there is no God. »

Et de même pour [Isaïe 44:6], selon le Targum Jonathan :

> « I am He who was from the beginning, yea, eternities of eternities are mine; and beside me there is no God. »

Ces deux passages targoumiques transforment une affirmation prophétique en déclaration cosmologique : Dieu est l'auteur unique du commencement, et cette unicité exclut tout autre dieu.

La prophétie annoncée depuis le commencement : Isaïe 48:16 et le Targum Jonathan

[Isaïe 48:16] dit :

> « Dès le début, je n'ai point parlé en secret; du jour où l'événement s'est réalisé, j'étais présent. »

Dieu affirme qu'il n'a jamais caché ses plans : depuis le début, sa parole était publique. Le [Targum Jonathan sur Isaïe 48:3] développe :

> « I have declared the former things from the beginning; and they have gone forth from my WORD, and I announced them. »

Le terme « WORD » (Memra en araméen) est ici significatif : c'est par sa Parole que Dieu a annoncé les choses depuis le commencement. La Parole divine joue un rôle analogue à celui de la Sagesse dans [Proverbes 8:23] — elle est l'intermédiaire entre le Dieu éternel et le monde temporel.

[Isaïe 48:5], selon le même Targum, précise le but de ces annonces préalables :

> « Therefore I have declared these things to thee from the beginning; before they came to pass I announced them unto thee: lest thou shouldest say, Mine idol hath done them. »

La connaissance du commencement a une fonction polémique : elle distingue le Dieu d'Israël des idoles, qui ne peuvent rien prédire.

L'éternité de Dieu avant le commencement : Habacuc 1:12

[Habacuc 1:12] apporte une dimension supplémentaire :

> « N'es-tu pas, de toute éternité, ô Seigneur, mon Dieu, mon Saint? »

Le prophète ne demande pas si Dieu existait au commencement, mais si Dieu est de toute éternité — ce qui implique qu'il précède tout commencement. Dieu n'est pas dans le temps ; il en est la source.

Ce qui existait avant la création : Nedarim 39b

L'une des affirmations les plus frappantes sur le « commencement » se trouve dans [Nedarim 39b] :

> « The Temple was created before the world was created, as it is written: "Your Throne of Glory on high from the beginning, in the place of our Temple" (Jeremiah 17:12). »

Le Temple — lieu de la présence divine sur terre — existait avant la création du monde. [Jérémie 17:12] en est la preuve scripturaire :

> « C'est un trône glorieux, sublime de toute éternité, que le lieu de notre sanctuaire! »

Cette tradition rabbinique enseigne que certaines réalités sacrées ont une existence antérieure à la création matérielle. Le « commencement » de Genèse 1:1 n'est donc pas le commencement absolu de toute existence — il est le commencement du monde visible.

La dimension ésotérique du ma'ase bereshit : Ḥaguiga 13a

[Ḥaguiga 13a] rapporte un échange entre Rav Yossef et les sages de Pumbedita :

> « Rav Yossef avait étudié les mystères du Char céleste (ma'ase ha-merkava). Les anciens de Pumbedita étudiaient les mystères de la création (ma'ase bereshit). Ils lui dirent : Que notre maître nous enseigne le ma'ase merkava. Il leur dit : Enseignez-moi le ma'ase bereshit. »

Cet échange révèle que le « commencement » n'est pas seulement un récit accessible à tous : c'est un domaine d'étude ésotérique, comparable à la vision du Char divin d'Ézéchiel. La connaissance de la création est une connaissance mystique, jalousement gardée et transmise de maître à disciple.

L'homme créé en dernier : Sanhédrin 38a

[Sanhédrin 38a] précise pourquoi l'homme fut créé à la fin de l'œuvre du commencement, la veille du Shabbat :

> « L'homme fut créé à la veille du Shabbat. Pourquoi? Pour que les hérétiques ne puissent pas dire qu'il fut l'associé du Saint-Béni-Soit-Il dans l'œuvre de la création. Une autre raison : si son orgueil enfle, on lui dit : Le moustique t'a précédé dans l'œuvre de la création. »

L'homme arrive au terme du commencement, non à son début. Cela sert à la fois une apologétique anti-hérétique (il n'a pas co-créé) et une leçon d'humilité (il est le dernier, pas le premier).

Le sens du temps dans le cœur humain : Ecclésiaste 3:11

[Ecclésiaste 3:11] offre une réflexion sur la relation de l'homme au commencement et à la fin :

> « Il a fait toute chose excellente à son heure; il a mis aussi dans le cœur de l'homme le sens de la durée, sans quoi celui-ci ne saisirait point l'œuvre accomplie par Dieu du commencement à la fin. »

Dieu a placé dans le cœur humain une conscience du temps — ha-olam dans le texte hébreu, souvent traduit par « éternité » ou « durée ». Mais cette conscience reste partielle : l'homme perçoit qu'il y a un commencement et une fin à l'œuvre divine, sans pouvoir en saisir la totalité. Seul Dieu connaît l'œuvre « du commencement à la fin ».


Convergences et divergences

Les sources convergent sur plusieurs points fondamentaux.

Sur l'unicité de Dieu comme créateur : [Genèse 1:1], le [Targum de Jérusalem], les passages d'Isaïe et leurs Targoums, et le [Talmud de Jérusalem Berakhot 9:1] s'accordent tous pour affirmer que le commencement est l'œuvre d'un seul Dieu. Le [Talmud de Jérusalem] rapporte même que Rabbi Samlaï réfute des incroyants qui demandaient si plusieurs dieux avaient créé le monde, en s'appuyant sur la grammaire du singulier dans [Deutéronome 4:32].

Sur l'antériorité de certaines réalités : [Proverbes 8:23] (la Sagesse), [Nedarim 39b] (le Temple) et le [Targum de Jérusalem] (la Sagesse comme instrument de création) convergent pour dire que le commencement de [Genèse 1:1] n'est pas le commencement absolu. Certaines réalités divines précèdent la création matérielle.

Sur la connaissance divine du temps : [Isaïe 46:10], [Isaïe 41:4] et leurs Targoums s'accordent sur le fait que Dieu voit la fin depuis le commencement, ce qu'[Ecclésiaste 3:11] formule du point de vue humain comme une limite : l'homme ne peut saisir l'œuvre divine dans sa totalité.

Les divergences sont moins des contradictions que des accentuations différentes. Le [Targum de Jérusalem sur Genèse 1:1] fait de la Sagesse l'instrument de la création, tandis que le [Targum Jonathan sur Isaïe 48:3] met en avant la Parole (Memra) divine. Ces deux notions — Sagesse et Parole — ne s'excluent pas, mais elles témoignent de traditions théologiques distinctes au sein du judaïsme antique.

Sur la question de l'ésotérisme, [Ḥaguiga 13a] montre que la connaissance du commencement était réservée et transmise avec précaution, ce qui contraste avec la publicité que [Isaïe 48:16] attribue à la révélation divine : « je n'ai point parlé en secret ». Cette tension — entre l'ouverture de la révélation prophétique et la réserve de la spéculation mystique — traverse toute la tradition.


Conclusion

Depuis le commencement, selon les textes juifs, il y a Dieu — et avant même ce commencement, il y a Dieu également. [Genèse 1:1] pose l'acte créateur ; [Proverbes 8:23] et le [Targum de Jérusalem] révèlent que la Sagesse divine y était antérieure ; [Habacuc 1:12] affirme l'éternité de Dieu ; [Nedarim 39b] enseigne que le Temple existait avant le monde. Les prophètes d'Isaïe et leurs Targoums insistent sur le fait que Dieu seul connaît l'histoire depuis son commencement jusqu'à sa fin. L'homme, lui, est créé en dernier ([Sanhédrin 38a]) et perçoit le temps sans en saisir la totalité ([Ecclésiaste 3:11]). Le « commencement » est donc à la fois le premier instant de la création visible et le point à partir duquel Dieu révèle son plan pour toute l'histoire.

Sources

  1. Proverbs.8:23
  2. Ecclesiastes.3:11
  3. Genesis.1:1
  4. Targum Jerusalem, Genesis.1:1
  5. Isaiah.46:10
  6. Isaiah.41:4
  7. Isaiah.41:26
  8. Taanit.27b:10
  9. Sanhedrin.38a:13
  10. Chagigah.13a:8
  11. Habakkuk.1:12
  12. Isaiah.48:16
  13. Sanhedrin.103a:4
  14. Pesachim.104a:8
  15. Targum Jonathan on Isaiah.41:4
  16. Targum Jonathan on Isaiah.46:10
  17. Targum Jonathan on Isaiah.48:3
  18. Targum Jonathan on Isaiah.44:6
  19. Targum Jonathan on Isaiah.48:5
  20. Targum Jonathan on Isaiah.66:9
  21. Jerusalem Talmud Berakhot.9:1:8
  22. David Zvi Hoffmann on Exodus, .20:11:1
  23. David Zvi Hoffmann on Exodus, .20:11:5
  24. Nedarim.39b:10
  25. Jeremiah.17:12
Asked without an account, so published to the SeferAI public library · 2026-10-25 · 2480 words

Syntheses are written by AI. They do not necessarily reflect the views or opinions of the SeferAI team and are not halakhic rulings. They are meant to stimulate thought and study, not to offend anyone. Check them against the primary texts.

Les synthèses sont rédigées par une IA. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues ou les opinions de l'équipe SeferAI et ne sont pas des décisions halakhiques. Elles visent à nourrir la réflexion et l'étude, non à offenser qui que ce soit. Vérifiez-les dans les textes sources.