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Prompt

Les ismaélites adorent ils le véritable Dieu ?
EnglishTanakhTalmud

Sources : le Tanakh et le Talmud ; réponse en français, style « Essai ».

Note sur la traduction : les sources de cette réponse sont en hébreu ou en araméen, beaucoup existent en traduction anglaise. Les citations qui en sont tirées ont été traduites en français par une IA et peuvent s'écarter de l'original. Les sources marquées comme françaises proviennent de traductions françaises publiées sur Sefaria. Les textes originaux sont accessibles par les références.

Réponse en bref

Les sources disponibles ne traitent pas directement de l'islam en tant que religion historique, car elles sont antérieures à sa fondation ou l'ignorent en tant que système théologique distinct. Cependant, elles permettent de construire une réponse en deux temps. Premièrement, le terme « Ismaélites » dans les sources rabbiniques désigne les descendants d'Ismaël, fils d'Abraham, et non les musulmans au sens strict — bien que la tradition médiévale ait souvent assimilé les deux. Deuxièmement, les textes établissent une distinction nette entre le Dieu vivant et véritable [Avot DeRabbi Natan 34:11] et les idoles, qui ne sont rien [David Zvi Hoffmann on Exodus 20:4:1]. Le Talmud de Jérusalem [Talmud Yerushalmi Taanit 3:4:5] présente les Ismaélites sous un jour sévère, sans toutefois les accuser formellement d'idolâtrie. La question de savoir si les Ismaélites adorent le vrai Dieu reste donc ouverte dans les sources ici disponibles, mais celles-ci fournissent les catégories nécessaires pour y répondre.


Contexte

Pour lire les sources avec précision, il faut distinguer trois niveaux de sens du mot « Ismaélites ».

Dans la Bible hébraïque, Ismaël est le fils aîné d'Abraham et d'Agar. Ses descendants forment une confédération de tribus arabes. Le terme désigne donc une réalité ethnique et géographique, sans connotation religieuse précise.

Dans la littérature rabbinique (Talmud, Tosefta, Midrash), les Ismaélites apparaissent comme un peuple voisin, parfois allié, souvent perçu comme une menace. Le Talmud de Jérusalem [Talmud Yerushalmi Taanit 4:5:19] les présente comme des hôtes peu fiables qui trompent les prêtres fugitifs après la destruction du Temple. Ils ne sont pas identifiés à des idolâtres, mais leur comportement est jugé moralement douteux.

Dans la tradition médiévale, à partir du VIIe siècle, les rabbins ont souvent utilisé le terme « Ismaélites » pour désigner les musulmans. C'est dans ce contexte que Maïmonide, par exemple, affirme explicitement que l'islam est un monothéisme pur, sans idolâtrie. Mais cette position ne figure pas dans les sources ici disponibles.

Pour répondre à la question, les textes disponibles posent deux catégories fondamentales : le Dieu véritable (אֱלֹהִים אֱמֶת) et les idoles (עֲבוֹדָה זָרָה, littéralement « culte étranger »). La distinction entre les deux est au cœur de la théologie biblique et rabbinique. Ce n'est qu'en situant les Ismaélites par rapport à ces deux pôles que l'on peut commencer à répondre à la question posée.

Il faut également noter que le terme hébreu אֱלִיל (élil), traduit par « idole », est étymologiquement lié à la racine signifiant « néant », « vide » [David Zvi Hoffmann on Exodus 20:4:1]. Les idoles ne sont pas simplement de faux dieux : elles sont le néant lui-même mis en forme. Cette définition est décisive pour évaluer toute religion.


Les sources

Le Dieu véritable comme catégorie de référence

La première question que posent les sources est : qu'est-ce que le vrai Dieu ? [Avot DeRabbi Natan 34:11] répond directement :

> "Ten are distinguished by the expression 'living', viz. the Holy One, blessed be He, [as it is stated], The Lord God is the true God, He is the living God."

Ce texte établit que le Dieu véritable est le Dieu vivant, celui qui se révèle dans la Bible hébraïque. La « vérité » de Dieu n'est pas une abstraction philosophique : elle est liée à la vie, à la présence active dans l'histoire. Ce critère est fondamental : un dieu qui n'est pas « vivant » au sens biblique n'est pas le vrai Dieu.

[II Chroniques 15:3] va dans le même sens :

> "Israel has gone many days without the true God, without a priest to give instruction and without Teaching."

Ce verset, cité dans [Avodah Zarah 17b:6], est remarquable : il est possible, selon cette source, d'être « sans le vrai Dieu » même en se réclamant d'une tradition religieuse. Le Talmud applique cette idée à celui qui étudie la Torah sans pratiquer les commandements. Autrement dit, la question « adore-t-on le vrai Dieu ? » ne se résout pas simplement par la proclamation d'un nom divin, mais par la nature du culte rendu.

[Osée 13:4] précise encore :

> "Only I the ETERNAL One have been your God Ever since the land of Egypt; You have never known a [true] God but Me, You have never had a helper other than Me."

Ce verset s'adresse à Israël, mais il pose un principe universel : la connaissance du vrai Dieu est liée à une relation historique spécifique, celle de la révélation. Cela ne signifie pas que les autres peuples ne peuvent pas accéder à Dieu, mais cela suggère que la simple croyance en un dieu unique ne suffit pas à garantir que l'on adore le Dieu véritable.

La nature des idoles

[David Zvi Hoffmann on Exodus 20:4:1] offre une analyse décisive du commandement « Tu ne te feras pas d'idole » :

> "לפי התורה זהים הם האלילים הללו עם תמונותיהם בכך, שבעצם הם עצמם לא כלום הם (אליל מלשון 'אל') אין בהם ממשות."

Selon la Torah, les idoles sont identifiées à leurs représentations en ceci qu'elles ne sont elles-mêmes rien. Le mot אֱלִיל (élil) dérive de la racine אַל (al), signifiant « néant ». Les idoles n'ont pas de réalité propre : seules leurs représentations matérielles existent, et c'est pourquoi elles sont assimilées à elles. Cette définition est importante : elle ne porte pas sur la forme extérieure du culte, mais sur la réalité — ou l'irréalité — de l'objet adoré.

[Lessons in Leadership, Lekh Lekha 6] développe cette idée en termes plus contemporains :

> "טעות היא לחשוב על אלילים במונחים של מראה חיצוני – פסלים, צלמיות, איקונות. הללו שייכים בעיקר לעולם העתיק, ואנו רחקנו משם. הדרך הנכונה לחשוב על אלילים היא להתבונן במה שהם מייצגים. הם מסמלים כוח."

L'idolâtrie n'est pas affaire de statues ou d'icônes : elle est affaire de ce que ces symboles représentent, à savoir la puissance brute, la force militaire, le pouvoir politique. Les idoles de l'Antiquité — Baal chez les Cananéens, Zeus chez les Grecs — symbolisaient la domination. Cette définition élargie de l'idolâtrie est précieuse : elle permet de poser la question non pas en termes de forme (y a-t-il des statues ?) mais en termes de fond (qu'est-ce qui est réellement adoré ?).

[Avot DeRabbi Natan 34:3] liste les dix noms péjoratifs donnés aux idoles dans la littérature rabbinique :

> "עשרה שמות נקראו לעכו״ם שם גנאי אלו הן שקוצים גלולים מסכות פסילים אלילים אשירים חמנים עצבים און ותרפים"

Ces dix noms — abominations, ordures, masques, sculptures, néants, poteaux sacrés, colonnes solaires, douleurs, vanités, idoles domestiques — montrent la richesse du vocabulaire rabbinique pour désigner ce qui s'oppose au vrai Dieu. Aucun de ces termes n'est appliqué aux Ismaélites dans les sources disponibles.

Les Ismaélites dans la littérature rabbinique

[Talmud Yerushalmi Taanit 3:4:5] est le texte le plus direct sur les Ismaélites :

> "שְׁלֹשָׁה בָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְתָהָא שֶׁבְּרָאָן. וְאֵילּוּ הֵן. כַּשְׂדִּים וְיִשְׁמְעֵאלִים וְיֵצֶר הָרַע."

Rabbi Pinhas ben Yaïr, au nom de Rabbi Josué ben Lévi, déclare que trois choses ont été créées par le Saint, béni soit-il, et qu'il regrette de les avoir créées : les Chaldéens, les Ismaélites, et le mauvais penchant (יֵצֶר הָרַע). Cette déclaration est sévère, mais elle ne porte pas sur la religion des Ismaélites : elle porte sur leur comportement moral et leur impact sur Israël. Les Chaldéens (Babyloniens) ont détruit le Temple ; les Ismaélites sont associés à la trahison et à la violence. Le mauvais penchant est la force intérieure qui pousse au mal. L'association des Ismaélites avec ces deux autres réalités négatives est un jugement moral, non théologique.

[Talmud Yerushalmi Taanit 4:5:19] illustre concrètement ce jugement :

> "הָלְכוּ לָהֶן אֶצֶל יִשְׁמְעֵאלִים. אָמְרוּן לוֹן. הָבוּ לָן נִישְׁתֵּי דַּאֲנָן צָהֵיי. הֵבִיאוּ לִפְנֵיהֶן מִינֵי מְלוחִים וְנוֹדוֹת נְפוּחוֹת."

Quatre-vingt mille prêtres fugitifs se réfugient auprès des Ismaélites après la chute de Jérusalem. Ils demandent à boire car ils ont soif. Les Ismaélites leur apportent des mets salés et des outres gonflées d'air — un piège cruel qui aggrave leur soif au lieu de l'étancher. Ce récit illustre la méfiance rabbinique envers les Ismaélites, mais il ne dit rien de leur culte.

[Sukkah 52b:8] cite un verset de Job (21:9) pour caractériser les Ismaélites :

> "יִשְׁמְעֵאלִים, דִּכְתִיב: ״יִשְׁלָיוּ אֹהָלִים לְשׁוֹדְדִים וּבַטּוּחוֹת לְמַרְגִּיזֵי אֵל לַאֲשֶׁר הֵבִיא אֱלוֹהַּ בְּיָדוֹ״."

« Les tentes des brigands sont en paix, et ceux qui provoquent Dieu ont de l'assurance, ceux à qui Dieu a donné en main. » Ce verset est appliqué aux Ismaélites dans le contexte d'une discussion sur le mauvais penchant. L'expression מַרְגִּיזֵי אֵל (« ceux qui provoquent Dieu ») est significative : elle implique que les Ismaélites ont une relation avec Dieu — puisqu'on ne peut provoquer que quelqu'un que l'on connaît ou avec qui on est en rapport — mais que cette relation est de rébellion et non d'adoration sincère.

Le culte des nations et ses limites

[Talmud Yerushalmi Avodah Zarah 4:7:1] offre une perspective nuancée sur le culte des nations :

> « On demanda à des anciens dans Rome : puisque Dieu ne se plaît pas aux idoles, pourquoi ne les détruit-il pas ? C'est que, répondirent-ils, si l'on adorait des objets inutiles au monde, Dieu les détruirait ; mais comme ils adorent le soleil, la lune, les étoiles, les planètes, les montagnes, les collines, Dieu ne perd pas le monde à cause des insensés. »

Ce texte est remarquable : les sages reconnaissent que les nations adorent des réalités qui existent (le soleil, la lune), même si elles se trompent en les prenant pour des dieux. Dieu ne détruit pas le monde pour cette erreur. Cela implique une gradation dans l'idolâtrie : il y a une différence entre adorer des statues de bois sans réalité propre [Jérémie 10:8] et adorer des forces cosmiques réelles, même si cette dernière est aussi une erreur. Cette gradation est importante pour évaluer toute religion monothéiste.

[Sophonie 3:9] ouvre une perspective eschatologique :

> « Mais alors aussi je gratifierai les peuples d'un idiome épuré, pour que tous ils invoquent le nom de l'Éternel et l'adorent d'un cœur unanime. »

Ce verset prophétique indique que l'adoration universelle du vrai Dieu est un idéal futur, pas encore accompli. Cela suggère qu'au temps présent, les nations — y compris les Ismaélites — n'adorent pas pleinement le vrai Dieu, même si certaines s'en approchent.


Convergences et divergences

Les sources disponibles ne permettent pas de formuler une position rabbinique unifiée sur la question de savoir si les Ismaélites adorent le vrai Dieu, et ce pour une raison simple : elles ne posent pas cette question en ces termes.

Ce sur quoi les sources s'accordent : le vrai Dieu est le Dieu vivant [Avot DeRabbi Natan 34:11], le Dieu de la révélation [Osée 13:4], connu par une relation historique spécifique avec Israël. Les idoles, en revanche, sont le néant [David Zvi Hoffmann on Exodus 20:4:1], et l'idolâtrie peut prendre des formes non matérielles [Lessons in Leadership, Lekh Lekha 6]. Ces deux catégories sont claires et unanimement acceptées.

Ce sur quoi les sources divergent ou restent silencieuses : la position des Ismaélites entre ces deux pôles. Le Talmud de Jérusalem [Taanit 3:4:5] les associe aux Chaldéens et au mauvais penchant, ce qui est un jugement moral très négatif. [Sukkah 52b:8] les qualifie de « provocateurs de Dieu », ce qui implique une relation conflictuelle avec le divin, non une ignorance totale. [Talmud Yerushalmi Avodah Zarah 4:7:1] ouvre la possibilité que des nations adorent des réalités existantes sans pour autant adorer le vrai Dieu : cette catégorie intermédiaire pourrait s'appliquer aux Ismaélites, mais le texte ne le dit pas explicitement.

La tradition médiévale — notamment Maïmonide — a résolu cette tension en affirmant clairement que les musulmans adorent le vrai Dieu, car leur monothéisme est pur et sans idolâtrie. Mais cette position ne figure pas dans les sources ici disponibles, et il serait inexact de la leur attribuer.


Conclusion

Les sources disponibles permettent de poser la question avec précision, sans y répondre entièrement. Elles établissent que le vrai Dieu est le Dieu vivant de la révélation [Avot DeRabbi Natan 34:11 ; II Chroniques 15:3], que les idoles sont le néant [David Zvi Hoffmann on Exodus 20:4:1], et que l'idolâtrie peut être subtile et non matérielle [Lessons in Leadership, Lekh Lekha 6]. Les Ismaélites sont présentés dans le Talmud de Jérusalem sous un jour moral sévère [Taanit 3:4:5 ; 4:5:19], et comme « provocateurs de Dieu » dans [Sukkah 52b:8] — formule qui implique une conscience de Dieu, mais dans la rébellion plutôt que dans l'adoration. Aucune source disponible ne les accuse formellement d'idolâtrie, ni ne les reconnaît formellement comme adorateurs du vrai Dieu. La réponse complète à cette question requiert des sources que ce corpus ne fournit pas.

Sources

  1. Jerusalem Talmud Taanit.3:4:5
  2. Jerusalem Talmud Taanit.4:5:19
  3. Sukkah.52b:8
  4. Jerusalem Talmud Avodah Zarah.4:7:1
  5. Jeremiah.10:8
  6. Ezekiel.11:21
  7. David Zvi Hoffmann on Exodus, .20:4:1
  8. Lessons in Leadership; Hebrew Edition, Lekh Lekha; The Courage Not to Conform.6
  9. Avot DeRabbi Natan.34:3
  10. Tosefta Avodah Zarah.6:2
  11. Tosefta Avodah Zarah.7:2
  12. Avodah Zarah.17b:6
  13. II Chronicles.15:3
  14. Hosea.13:4
  15. Avot DeRabbi Natan.34:11
  16. Exodus.7:16
  17. II Kings.17:34
  18. Zephaniah.3:9
  19. Leviticus.21:6
  20. Isaiah.8:21
  21. Psalms.78:34
  22. Daniel.3:12
  23. Psalms.74:8
  24. Zephaniah.2:7
  25. Psalms.9:18
Asked without an account, so published to the SeferAI public library · 2026-10-15 · 2381 words

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